Archives mensuelles : mars 2012

Le pain aux bananes de mon père

Cette anecdote remonte à plus de dix ans en arrière: cela ne faisait pas si longtemps que je vivais au Canada, après avoir immigré de France avec ma mère pour y rejoindre mon père. Je devais avoir huit ou neuf ans. Comme tout bon enfant, j’avais la dent particulièrement sucrée et Dieu sait combien mon dentiste m’avait souvent réprimandé de tant aimer les bonbons.

Mon père décida, un jour, de préparer un gâteau aux bananes pour satisfaire ma rage de sucre. Je le regardais faire, plutôt perplexe: les bananes noires trônant sur le comptoir et le sac de pain POM sorti de sa boîte m’intriguaient.

– Pourquoi tu prends des bananes pourries? lui demandai-je, assise à table, les pieds ballotant dans les airs.
– Parce qu’elles sont meilleures! répondit-il, amusé par mon air incrédule.
– Mais ça pue! rétorquai-je, pinçant mon nez.
– Tu verras, c’est très bon, renchérit-il, souriant.

Dans un plat en céramique, il aligna les tartines fraîches et y versa un mélange d’oeuf, de bananes écrasées, de sucre et de lait. Il fit chauffer le tout au four et me rassura que le pain serait délicieux. Je haussai les épaules, non pas que je m’en fichais, mais je ne pouvais rien faire d’autre que de le croire à huit ans.

Mon père et moi ne nous souvenons plus de la recette exacte, mais je me souviens encore aujourd’hui de l’odeur appétissante qui embaumait la cuisine: les effluves de bananes chaudes m’étreignaient de confort et je trépignais d’impatience de goûter à cette préparation. En sortant le gâteau, il me dit qu’il appelait ce plat Le pain aux bananes des étudiants pauvres. Il me raconta que lorsqu’il étudiait à l’université, il en préparait de temps en temps, avec le peu de sous qu’il avait.

À l’époque, je n’avais pas trop compris pourquoi utiliser du pain de mie était si problématique: je trouvais même cela beaucoup plus original que de prendre la farine. Attablée avec mes parents, je mangeais le pain à pleines dents en clamant que c’était « le meilleur gâteau que j’ai jamais mangé de ma vie! » Mon père n’avait pas l’air d’y croire pourtant.

Je lui demandai à plusieurs reprises par la suite de refaire ce gâteau, mais il refusa sans cesse. Naïve, j’avais même songé l’apporter à l’école pour le faire goûter à mes amis, car je ne comprenais toujours pas pourquoi mon père avait tant honte de ce plat si simple et délicieux dans mon esprit.

Maintenant, treize ans plus tard, sur le comptoir de la cuisine de mon appartement, les bananes de ma colocataire pourrissent dans l’espoir de se transformer bientôt en gâteau. Je crois encore aujourd’hui que c’était « le meilleur gâteau que j’ai mangé de ma vie! »

Macarons, manifestation et le Mali

Sur Facebook et Twitter, certains ont pu voir mon excitation folle devant la très attendue Journée du Macaron à la Boutique Point G où l’on pouvait acheter vingt macarons pour le prix de dix (plus précisément, 15$). Et oui, j’ai bien acheté quarante macarons! Ce n’est pas tous les jours qu’on peut avoir ces petits gâteaux d’une aussi bonne qualité pour un prix aussi généreux.

On peut trouver la liste des saveurs contenues dans les boîtes sur le blog de la Boutique Point G.

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Aussi, voici quelques clichés de la Manifestation nationale étudiante contre la hausse des frais de scolarité. Un très beau moment à scander des slogans parfois douteux pour une bonne cause sans incident en espérant remettre en question les principes et les valeurs de tous et chacun.

Ma mère me racontait mardi comment Albert Camus, grand auteur du XXe siècle, aurait pu ne jamais devenir ce grand écrivain. Descendant d’une famille assez pauvre, sa famille souhaita qu’il travaillât pour gagner des sous et ainsi aider la maisonnée. Or, son instituteur Louis Germain insista fortement pour que Camus puisse aller à l’école, lui donnant même des cours gratuitement. Si cet homme n’avait pas insisté, L’étranger, La chute, La peste et bien d’autres n’auraient jamais existé. Ce genre de témoignage me suffit pour me convaincre de la nécessité d’une éducation accessible et de qualité.

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Enfin, je prie pour mon ami Makan, coincé au Mali suite au coup d’État d’hier. Je ne sais pas s’il a trouvé le moyen de sortir du pays, compte tenu de la tournure des événements (les frontières ayant été fermées), mais j’espère que tout ira bien.

 

Je fonds… pour du chocolat…

Soirée simple entre potes, avec un couscous aux raisins secs assez simple, légumes cuits au four en cocotte, saucisses italiennes et merguez.

Mon amie Chahrazed (oh mon dieu, dites-moi que j’ai bien écrit son nom!) a par contre crié au sacrilège quand je lui ai avoué avoir cuit ma semoule en y versant tout simplement de l’eau bouillante dessus. Nous nous sommes promises une journée où elle m’enseignerait l’art de préparer un véritable couscous à l’algérienne et une sauce harissa maison. J’accepte le défi!

Par contre, pour me pardonner mon incapacité à préparer un couscous authentique (ne vous méprenez pas, mon plat était délicieux! Juste pas exactement correct…), une fondue au chocolat qui en jette s’imposait! Un mélange 70:30 de chocolat au lait Callebaut, de chocolat noir 70% Cacao Barry, agrémenté de crème à café 10% et surtout… de rhum… Faites chauffer le tout au bain-marie, fouettez bien et ajustez au goût et à la texture.

Deux mois sans nouvelles

Désolée, faute d’inspiration, de moyens et de temps, je n’ai pas consacré l’énergie à mon blog tel que je l’aurais souhaité pour 2012. J’essaie présentement de voir dans quelle direction diriger ce blog, faute de revenus, aller au resto est devenu un luxe (et je ne pense pas qu’un post sur les burgers de Frite Alors! ou d’un article sur une bière bue au bar du coin en vaillent la peine).

Hier, j’ai demandé à mon amie Carine d’aller me chercher du harissa chez Adonis. Pour ceux qui ne le savent, le harissa est une purée de piments originaire de Tunisie, qui agrémente bien les couscous et où j’aime y tremper mon merguez piquant vraiment pas assez piquant à mon goût. J’aime également l’ajouter à ma sauce à la viande pour spaghetti, question d’en relever le goût. Par contre, pour Carine, Harissa faisait plutôt référence à… Notre Dame du Liban et son lieu de pèlerinage, situé à 20km au nord de Beyrouth. Un très beau lieu de pèlerinage, ma foi.

Tout cela pour finalement arriver à mon point… N’achetez pas le harissa de la marque « Le Cabanon ». Je l’ai acheté par mégarde récemment, faute de ne pas avoir trouvé celui que j’ai l’habitude de prendre. Ce qui sortait du tube ressemblait à une saute tomate un peu trop liquide avec un goût trop dilué de piments.

Image tirée du site LeShop.Ch

Ma marque préférée par excellence: Le Phare du Cap Bon. La pâte est épaisse, souple et pimentée à souhait. Essayez-la et vous serez vendus! Je n’utilise plus vraiment de sambal oelek ou de sauce Sriracha depuis, ce qui est plutôt particulier venant d’une Asiatique. Ce produit se vend en tube ou en boîte de conserve, mais perso, je l’achète en tube, car beaucoup plus simple à ranger et à utiliser.

Image tirée du site Wikipedia.org