Archives mensuelles : juin 2012

We’ll see you soon…

Mon amie de Shanghai est repartie aujourd’hui: elle était venue visiter ses amis par nostalgie pour les vacances. J’ai passé un moment merveilleux avec elle à parler de nos souvenirs, de notre avenir, de nos soucis présents et d’autres. On a profité du ciel bleu et de l’air pur de Montréal qui restent inexistants à Shanghai, du silence des rues, de l’absence de klaxons, de notre incapacité à traverser un feu rouge.

Elle a d’ailleurs profité de l’occasion pour magasiner chez Costco des produits ménagers et de la bouffe parce que « je ne fais pas confiance aux produits chinois », m’a-t-elle dit. Du coup, elle a ramené plusieurs bouteilles de savon à vaisselle, des paquets de chips, des lingettes Lysol et ça ne finit plus.

Costco shopping – de Cecile

Elle m’a dit qu’elle reviendrait peut-être vivre à Montréal. J’espère bien te revoir bientôt, Cecile.

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Récemment, j’ai dit à mon amie Sarah en mangeant une crème glacée que je ne me sentais pas complètement en vacances. Non pas parce que je continue à travailler durant l’été, mais bien à cause du bruit de la ville. J’associe l’été à mes vacances en Asie, au Vietnam ou en Chine, où la ville hurle sans cesse dans nos oreilles par les bruits de la construction permanente, des motocyclistes pressés et des conversations orientales.

Je ne vous dis pas le regard désapprobateur de Sarah qui semble préférer le silence de Montréal au bruit fou d’Abidjan.

Montréal est silencieuse, tranquille, même les casseroles ne compensent pas ce vide. Ne me méprenez pas, je ne dis pas que Montréal est barbante à crever.

Montréal, c’est votre amie silencieuse, effacée par votre amie Shanghai qui potine et parle beaucoup, elle qui semble toujours en effervescence, qui change d’avis sans arrêt, qui ne se repose jamais.

Montréal, vous l’oubliez parfois, vous vous rappelez de l’inviter à votre fête à la dernière minute ou vous demandez à quelqu’un de l’appeler en catastrophe. Malgré tout, elle est toujours présente à vos côtés, elle vous écoute quand vous vous sentez triste, elle ne vous énerve pas en râlant à tout bout de champ.

Son visage a beau être couvert de cratères dû à un épisode terrible d’acné, d’elle émane une luminosité et une beauté subtile, ses traits français se confondant avec certaines caractéristiques plus américaines.

Même si vous la perdez un jour de vue, si vous la croisez un jour dans la rue, elle ne s’offusquera pas, elle sera même heureuse de vous revoir. Vous prendrez un café avec elle, une bière ou un dîner même, vous vous dites à la fin de votre rencontre que vous devez garder contact. Or, vous ne l’appellerez pas et elle ne cherchera pas non plus à vous appeler, non pas parce qu’elle ne vous intéresse pas, mais parce que vos chemins se seront naturellement séparés. Vous vous souviendrez d’elle par instantanés, pas forcément mémorables, mais toujours agréables et beaux.

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PS: Je me suis fiancée à mon petit ourson Alexandre. Encore deux ans avant le grand jour…

Film de la semaine: Snow White & the Huntsman

Vous connaissez tous l’histoire de Blanche-Neige, celle que Disney nous a gentiment racontée avec des oiseaux qui chantent et tout le bataclan. Imaginons ici plutôt une histoire similaire, mais avec un feeling « Seigneur des anneaux », une tentative de rendre viril le conte et un peu d’assaisonnement Hollywood. Ça donne… un résultat mal travaillé, bien divertissant, or peu convaincant.

Blanche-Neige, interprétée par Kristen Stewart - Image tirée du site TheMovieBlog

Blanche-Neige, interprétée par Kristen Stewart - Image tirée du site TheMovieBlog

Ce que j’en pense…

Un film… divertissant, sans plus. La plupart des gens me connaissant savent que lorsque je ne trouve rien d’autre à dire d’un film que divertissant, ce n’est guère bon signe. Un peu comme si vous parliez d’un ami qui vous agace à un de vos potes :

« Que penses-tu de XXX, il est super gentil?
– C’est ça le problème : il est juste gentil… »

Snow White and the Huntsman, c’est un peu ce pote que vous avez trouvé sympa et amusant, mais sans plus quoi. Il s’agit de ce pote avec qui vous partagez parfois des moments fantastiques et d’autres fois, qui vous tape royalement sur les nerfs par ses inepties et ses remarques imbéciles.

La reine Ravena, interprétée par Charlize Theron - Image tirée de The Guardian

La reine Ravena, interprétée par Charlize Theron - Image tirée de The Guardian

Vous partagez des moments fantastiques avec cet ami lorsque vous voyez la reine Ravena, interprétée par Charlize Theron, un personnage maudit, imprévisible, majestueux et inquiétant. Il s’agit probablement d’un des rares personnages dont la personnalité n’est pas unidimensionnelle, où le noir et le blanc s’estompent et se fondent pour donner du gris. Malheureusement, le film ne lui rend pas justice : alors qu’on tente de lui donner un passé, un fond à ses gestes, on lui arrache cette profondeur pour un récit manichéen cliché que l’on veut absolument maintenir, quitte à gâcher ce qui aurait pu être encore mieux travaillé. On se réjouit également de la musique de James Howard tout le long du film et de Florence + the Machine au générique. Bref, on passe un moment fantastique avec cet ami, mais tout le reste remet en doute votre capacité à vouloir vous tenir avec cette personne.

Les scènes d’action vous divertissent du mieux qu’elles peuvent, on atteint une certaine limite à aimer l’action si le contenu et le fond de l’histoire ne suivent pas.

Kirsten Stewart… ma foi, je n’ai pas regardé la série Twilight, il s’agissait donc de mon premier contact avec cette actrice… et je n’ai franchement pas aimé. Je ne sais pas s’il s’agit du scénario ou de son jeu qui rend le personnage de Blanche Neige très… bland. Froid, le regard toujours bizarrement douloureux, comme s’il était au bord des larmes à chaque instant, je ne sais pas trop quoi penser du personnage.

Qui plus est, la première fois que j’eus vent de ce film, j’avais cru comprendre que Blanche Neige serait entraînée par le chasseur et les nains pour devenir une grande guerrière. Or, mis à part une petite scène où elle apprend à se défendre avec un couteau… Pas grand-chose de la guerrière. On regarde tristement la scène de combat finale, on se demande si elle a vraiment eu un entraînement pour se battre en cotte de maille et à l’épée. Laissez-moi en douter.

Le Chasseur et les Nains - Image tirée du site Screenrant

Les autres personnages sont laissés en plan, les nains et le Prince carrément inutiles, juste là pour vous convaincre qu’il s’agit bel et bien du conte des frères Grimm réécrit à la sauce hollywoodienne (avec un tir à l’arc digne de Legolas, ouf!). Le Chasseur, joué par Chris Hemsworth, se contente d’un jeu un peu trop similaire à Thor…

Bref, un classique mal réinventé, divertissant, mais qui aurait gagné à être mieux travaillé et à qui je laisse un 6/10.

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Prochain film : Cosmopolis de David Cronenberg